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DE QUOI SOUFFRENT ET MEURENT LES FEMMES NOIRES?

Si en France, les statistiques manquent, les souffrances physiques et psychologiques et les discriminations structurelles qui y sont associées, elles sont bien présentes.
Les femmes noires, vivant en occident, sont plus à risque de souffrir entre autres de troubles anxieux, dépressifs, qui contribuent à dégrader la condition psychologique et sociale et ce en lien avec le racisme, la précarité, les différentes oppressions et violences auxquelles nous sommes confrontées.


Des facteurs socio-économiques et discriminations que nous rencontrons :

Discriminations médicales : croyances négrophobes sur la tolérance à la douleur, sous ou sur diagnostics
( ex: dépression non perçue ou sous-estimée, davantage diagnostiquées bipolaires), déni des traumas racistes, et sexistes spécifiques. Violences gynécologiques et obstétricales.
Accès aux soins : difficulté d’entreprendre une thérapie pour des raisons financières.
Difficulté d’identifier des thérapeutes noires et ou des professionnel-le-s compétent-e-s ayant une compréhension et formation sur les traumas raciaux, oppressions et violences liées au genre, sexualités, aux problématiques culturelles et religieuses, à l’exil, etc.
Droits sociaux : Risque accru de se voir retirer la garde des enfants si souffrant de troubles psychiques, internées en psychiatrie.
Discrimination à l’embauche et dans l’emploi : métiers usants et ou dégradants pour la santé (liés aux soins à la personne, à l’entretien, travaux physiques, etc.). Maltraitances et harcèlements professionnels
Violences policières : particulièrement envers les femmes exilées, SDF, les prostituées ou travailleuses du sexe, femmes en situation de handicap physique et ou psychique, femmes trans.
Violences extra et intracommunautaires : physiques, sexuelles, psychologiques. Renforcées par la complicité et ou l’inaction de l’entourage. Injonction au silence, à la solidarité communautaire quand l’abuseur est un homme noir.
Charges sociales et psychologiques, violences : subies en conséquence directe ou indirecte des discriminations, traumatismes endurés par les hommes et garçons noirs.

*Sources : ADAA-nami.org -UK Gov Stats- Psychcentral.comJayasree Kalathil, Survivor Research, etc.

Qu’est-ce que le trauma racial?

©Tim Mossholder

S’il ne connait pas de définition officielle ni d’intégration au DSM ( le manuel de diagnostic des troubles psychiques) à ce jour, le trauma racial (« racial trauma« ) est reconnu par de nombreux psychologues et spécialistes de santé mentale, comme un traumatisme affectant les personnes non-blanches. Le terme a été inventé aux États-Unis.
Peuvent en être à l’origine : les comportements racistes, insultes subies dans le quotidien par les personnes non-blanches, les violences racistes physiques et psychologiques, les discriminations professionnelles ou scolaires, les pratiques médicales racistes, les contrôles et abus policiers, l’exposition aux violences racistes, les violences liées à l’exil, la détention, etc.
On parle aussi de trauma historique, de trauma post-esclavagiste, et trauma colonial.
Définition : afin de tenter de comprendre comment le racisme et les discriminations ont un impact négatif sur la santé physique et mentale des personnes non-blanches, plusieurs chercheurs ont inventé le terme « trauma racial » ou « stress traumatique lié à la race ».
Le trauma racial peut être une conséquence d’un harcèlement raciste, du fait d’avoir été témoin de violences racistes, ou d’avoir subi ou de subir le racisme institutionnel.
Le trauma peut entraîner des symptômes de dépression, d’anxiété, une faible estime de soi, des sentiments d’humiliation, des difficultés de concentration, ou de l’irritabilité. Les traumatismes racistes peuvent conduire au suicide, notamment chez les enfants et adolescents noirs.

Quelques effets et conséquences du trauma racial :

♦️Vigilance et suspicion accrues. Suspicion des institutions sociales (écoles, administratives, gouvernementales).
♦️Évitement du contact visuel, confiance portée uniquement aux personnes membres des cercles familiaux ou amicaux.
♦️Sensibilité accrue à la menace – postures défensives, évitement de situations nouvelles, sensibilité accrue au manque de respect et au sentiment de honte, évitement de la prise de risque.
♦️Symptômes psychologiques et physiologiques accrus – Les traumas non-résolus augmentent le stress chronique et diminuent le fonctionnement du système immunitaire, déplacent le cerveau vers la domination du système limbique, augmentent les risques de dépression et de troubles anxieux et perturbent le développement de l’enfant et la qualité de l’attachement émotionnel dans les relations familiales et sociales.
♦️Augmentation de la consommation d’alcool et de drogues – Les drogues et l’alcool sont initialement utiles ( de manière réelle ou perceptive) afin de gérer la douleur le rapport au danger liés aux traumas non-résolus, mais ils deviennent leurs propres processus pathologiques en cas de dépendance.
♦️Agressions accrues – les violences inter-quartiers, la violence domestique, les attitudes défiantes, se donner une apparence dure et impénétrable sont des moyens de faire face au danger en tentant de contrôler notre environment physique et social.
♦️Une vision limitée du rapport au temps – Les personnes vivant dans un état de danger chronique ne développe pas un sentiment d’avenir, n’ont pas d’objectif sur le long terme et considèrent souvent la mort comme une possibilité attendue.
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Traduction : Perspective. @collectifperspective
Source et références : psychologybenefits.org – Dr Walter Smith – Bryant-Davis, T.,& Ocampo, C. (2006). A therapeutic approach to the treatment of racist-incident based trauma. Journal of Emotional Abuse.

PSYCHOBOXE & VIOLENCES

Peu connue en France, la psychoboxe a pourtant été inventée en 1970. C’est une discipline thérapeutique originale empruntant sa gestuelle principalement à la boxe, sans apprentissage technique nécessaire. Elle être préconisée, notamment mais pas uniquement, pour des personnes victimes et ou auteures de violences. Vous l’avez peut-être découverte récemment dans le film « Mon frère », dans une mise-en-scène toutefois différente de la réalité.

Elle est pratiquée en individuel ou en groupe, et est particulièrement utilisée dans des cadres associatifs, comme dans les foyers pour jeunes. Définie dans un cadre précis, elle nécessite usuellement deux psychoboxeurs, dont un-e professionnel-le- de santé mentale, psychologue, psychanalyste ou psychiatre. Travailleurs sociaux, et éducateurs peuvent s’y former. Créateur de la psychoboxe, en France, le psychanalyste et ancien professeur de boxe Richard Hellburn, auteur de l’ouvrage «  À Poings Nommés* », l’ a décrit en ces termes :

« La psychoboxe a pour but de permettre à un sujet, à travers ses gestes, ses affects et ses représentations, de remettre en jeu l’universalité des processus et la singularité des positions qui émergent de sa confrontation à ce qui lui est violence dans son corps, sa parole et ses actes. La psychoboxe ne se soutient que de l’ouverture d’une scène qui appelle un sujet à interpréter sa violence en la précipitant dans des formes perceptibles. »

Il existe une association de loi 1901, l’institut national de psychoboxe*, créé par Hellburn, qui supervise et agrée les formations pour les professionnels.

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, Somaya Abdal-Bar Ducéré, pratique, entre autres approche thérapeutique la psychoboxe, et exerce à Paris, dans le 20 ème arrondissement : « La violence et l’agressivité font partie de la vie, elles sont inhérentes à l’être humain. Elles ne sont pas  pathologiques en soit et sont même nécessaires à la vie et au développement autant individuel que social. On pourrait parler là d’une violence qui maintient le sujet debout, en vie, en capacité à faire face, à tenir contre, à faire preuve d’adversité; et d’une agressivité juste dans la relation à l’autre.

Elles peuvent aussi être le témoin d’une destructivité et d’une pulsionnalité menaçant l’équilibre et l’évolution du sujet et du collectif humain. Face à sa propre violence, celle de son histoire, celle de l’autre, on peut se trouver sidéré, sans possibilités de penser, de bouger, de repousser, de tenir à distance, débordé, dépassé, angoissé, tétanisé ou au contraire poussé à agir… Forces actives, et agissantes elles peuvent nous presser, nous oppresser, nous contraindre intérieurement. Nos capacités de maîtrise et de transformation peuvent s’en trouver dépassées. Entre le mouvement instinctif et la rationalité il n’est pas facile de garder le contact avec l’essentiel et de saisir ce qui nous anime. Il n’y a pas de solution simple à la violence, par essence multiforme et pluri-factorielle, mais il est possible d’en explorer les effets, les traces, les traumas, les mouvements, les réponses possibles… »

*Institut national de Psychoboxe :www.psychoboxe.com

*Informations et contact : Somaya Abdal-Bar Ducéré : http://www.psyconsultation.fr/la-psychoboxe

* « A poings Nommés-Génèse de la psychoboxe », Richard Hellbrun, 2014, éditions l’Harmattan.

De quoi la mort de Naomi Musenga est-elle le nom?

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga décédait à l’hôpital de Strasbourg après des heures d’agonie, de négligence médicale, de traitement raciste de sa condition de santé.
Depuis les langues se délient davantage sur les préjugés et pratiques liés à la croyance en un « syndrome méditerranéen », qui serait propre aux personnes non-blanches perçues comme se plaignant de douleurs injustifiées ou exagérées.
Le système médical dans son ensemble lui, reste peu questionné et encore moins inquiété, et tend à se justifier en se retranchant derrière des motifs qui seraient uniquement économiques et organisationnels, ignorant le caractère structurel du racisme dans les milieux médicaux, comme dans l’ensemble de la société.
On reconnait pourtant bien la négrophobie dans la réponse adressée à Naomi Musenga par l’opératrice du Samu. Cette dernière a pu identifier un accent à consonance « africaine », dans l’appel au secours de la jeune femme de 22 ans, d’origine congolaise, et a très vite moqué, minimisé et méprisé sa souffrance.
Aux États-Unis, des études ont démontré que les noir-e-s étaient au minimum deux fois moins susceptibles que les blanc-he-s de se voir délivrer des anti-douleurs, et souffrent de façon significative et disproportionnée de sous et mal-traitance médicale, ce qui conduit à la dégradation de l’état de santé physique et psychologique, l’absence de diagnostics appropriés, et à la mort.
À titre d’exemple, les femmes noires et leurs enfants meurent à des taux alarmants dans les maternités, elles ont trois à quatre fois plus de risque de perdre la vie en la portant ou la donnant, et lorsqu’elles survivent connaissent davantage de complications car sont stéréotypées comme ressentant moins la douleur ou y étant insensible.
En France, les données et chiffres manquent, mais les réalités et tragédies se ressemblent.
Le sort de Naomi Musenga n’est hélas pas unique, comme en témoigne le décès récent d’une autre femme noire, Micheline Myrtil, le 18 décembre 2018 à l’hôpital Lariboisière à Paris, après douze heures d’attente au service des urgences.
Durant l’été 2018, une information judiciaire pour « non-assistance à personne en péril » et « homicide involontaire contre X » contre l’opératrice a été ouverte. Et si le 30 octobre dernier 2018, un juge d’instruction a annoncé la nomination d’un collège d’experts pour déterminer les circonstances exactes du décès, celui-ci n’a toujours pas été formé à ce jour. Des éléments tirés du dossier médical et du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) démontent la thèse d’une intoxication au paracétamol de Naomi Musenga.
Tout notre soutien à la famille Musenga , au collectif Justice pour Naomi Musenga, et aux personnes qui luttent à leur côté.

Perspective. Article initialement publié sur la page Facebook, puis mis à jour le 5 février 2020.

« Politisez votre pratique: ne pathologisez pas, humanisez »

©Toa Heftiba


Un texte de Dr. Jennifer Mullan, psychologue clinicienne et activiste, @decolonizingtherapy. Traduction : Perpsective.

La pathologie est l’étude d’une maladie. Une déviation de la norme. Une labellisation de ce que serait un comportement normal, qui rencontrerait des extrêmes. Le terme « normal » me pose problème.
Qui et qu’est-ce qui définit la norme et crée les critères de normalité?
En tant que personne dont les identités multiples résident dans les « marges », je méprise l’existence même de marges.
Nous avons été collectivement socialisés pour tout marginaliser et pathologiser!
Consciemment ou non : « les blancs ont toujours raison ». Tout comme les hétéros, les personnes cisgenres, les corps valides, minces. Les personnes qui ont ou portent des enfants. Celles à la peau claire. Intelligentes. Mariées. Parlant anglais (français).
Ainsi, nous sommes collectivement « conçus » dans la déshumanisation de l’autre, et ceux qui parmi nous ont étudié la psychologie sommes des pathologistes entraînés.
La drépatonomie était une maladie mentale conjecturale, « inventée » en 1851 par le médecin Samuel A. Cartwright qui la définissait comme étant propre aux africains réduits en esclavage fuyant la captivité.
Tout comme la « colère noire » aujourd’hui.
La doctoresse Kimberly Richards (du People’s Institute for Survival and Beyond – PISAB) déclarait souvent dans ses formations : « Les bâtons et les pierres peuvent vous briser les os, mais les mots façonneront votre réalité ».
C’est un fait. Ils le peuvent et le feront.
Ces mots indiquent que nos corps noirs et non-blancs, la manière dont nous les percevons, sont des menaces pour les autres.
Quand une chose nous est présentée, avec une certaine constance, elle reste en nous, pèse, s’imprègne. Non pas parce que nous sommes des êtres inférieurs, mais parce que nous sommes humains.
Quand je travaillais dans un programme de soin hospitalier, partiellement spécialisé dans les traumatismes, dans le ghetto, il y a plus de 15 ans, j’évoquais déjà pourquoi il était violent et dangereux de parler de troubles de la conduite, de « conduite défiante » s’agissant de la jeunesse noire et non-blanche.
Ces médecins pathologisent beaucoup de nos jeunes et les placent dans des écoles violentes en jonction avec la prison.
Ils pathologisent la pauvreté, le manque d’équité, la passion, l’identité noire, les comportements traumatiques, la créativité, la rage, la culture, le kaléidoscope de l’identité queer, la neuro-divergence.
C’est alors que de la drépatonomie à l’hystérie, du stress post-traumatique au trouble oppositionnel, au trouble de la conduite, des programmes d’éducation spécialisés pour les enfants en difficulté, à la « crise de santé mentale », nous vivons dans un monde globalement violent, déshumanisant, en souffrance.
Et si nous commencions à agir sur ces systèmes, comme le système de santé mentale et d’éducation, qui continuent de perpétuer et de normaliser la déshumanisation de notre humanité?
Que ferez-vous cette année pour réclamer notre humanité et démanteler les comportements pathologisants?

Dr. Jennifer Mullan, psychologue et activiste : @decolonizingtherapy, jennifermullan.com
Traduction : Perspective., @collectifperspective
 

BABACAR GUEYE, AU-DELÀ DU JUGEMENT ET DU VERDICT

3 décembre 2018.

S’il n’avait pas été assassiné par la police de Rennes, Babacar Gueye aurait eu 30 ans cette année…ou peut-être qu’il serait mort à petit feu broyé par le système raciste et tous ses complices que sont l’institution policière, juridique, carcérale mais aussi médicale.
Babacar Gueye est décédé dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015, abattu de 5 balles par un agent de la BAC alors qu’il aurait fait une « crise d’angoisse ». Un ami avait pourtant appelé les secours cette nuit-là, mais c’est la police qui est venue le faucher.

Babacar Gueye vivait en France depuis 2015, après avoir quitté le Sénégal en 2012, et un long périple entre le Maroc et l’Espagne.
Trois ans après sa mort on lit souvent qu’il était un homme gentil et souriant, comme pour « l’innocenter »… si de la part de ses proches ces mots ont pour volonté d’honorer sa mémoire, pour d’autres que disent-ils de la perception de la place dans la société et de la valeur d’un homme noir?
On lit aussi de certains que Babacar Gueye était quelqu’un de bien parce qu’il prenait des cours de français et manifestait une « volonté d’intégration »…
Les violences sociales et psychologiques engendrées par la migration et les conditions de vie en France des personnes noires et autres personnes non-blanches ne donnent pas toujours à la souffrance un visage « acceptable » pour la République et ses injonctions assimilationnistes, et nul ne mérite d’être brutalisé et tué par les forces de l’ordre.
La question de la santé mentale des personnes exilées est de plus en plus qualifiée par les associations et autres structures d’ « urgence de santé publique ».
L’urgence est sociale et politique oui, pour les personnes contraintes à l’exil par les politiques européennes impérialistes et néocoloniales, l’exploitation et l’esclavage, la guerre etc. Et pour les personnes visées par le racisme structurel du système français, dont des personnes en souffrance psychique ballottées entre l’hôpital et la prison, violentées par la police, socialement démunies et vouées à l’isolement, à la précarité et à la dégradation de leur condition.
Les policiers responsables de la mort de Babacar Gueye sont toujours en liberté et en exercice, et si une nouvelle enquête a été ouverte en mars 2017, pour nous le combat pour Babacar Gueye et toutes les personnes qui connaissent le même sort, ou partagent des conditions similaires, va au-delà du verdict d’un tribunal.
Nous voulons :
-L’accès inconditionnel aux soins pour les personnes exilées (et la régularisation de leur situation administrative) et de toutes les personnes dans le besoin
– L’intervention d’équipes médicales formées – et autres personnes actrices de la santé mentale – et non de forces de l’ordre pour les personnes en détresse psychologique, en « crise psychique », dans le besoin
-Des soins en santé mentale gratuits et pris en charge
– Des logements facilités et pris en charge pour les personnes en souffrance psychique précarisées
– La mise en place d’un revenu de vie décent et non de minimas sociaux en dessous du seuil de pauvreté ( AAH) pour les personnes souffrant de troubles psychiques et en situation de handicap psychique
– Des institutions publiques avec des services d’interprétariat
– La formation des professionnel-le-s de santé et santé mentale aux effets et enjeux sociaux et psychologiques du racisme et des autres formes d’oppression et discrimination
– L’accès facilité à des professionnel-le-s de santé non-blanc-he-s conscientisé-e-s sur les questions liées au racisme et autres oppressions
-Des structures de soins qui rompent avec la « culture psychiatrique » et qui ne soient pas des lieux de restriction de liberté et de contrôle étatique
-L’abrogation du décret « hopsyweb » qui permet le fichage des personnes hospitalisées sans consentement
– La fin de l’incarcération des personnes souffrant de troubles psychiques

…La liste n’est pas exhaustive, c’est le système tout entier qu’il faut enrayer et le combat continue.
Force et courage au Collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye et aux personnes qui luttent à leurs côtés.