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TRIBUNE LIBRE/OPEN MIC, « ET SI ON EN PARLAIT? »

©Perspective.

C’était le 11 Mars dernier à la Parole Errante (Montreuil). Nous vous avions donné rendez-vous pour une tribune libre, un open mic, à l’occasion de ce premier « Mois Noir-e-s- et santé mentale »/ « Black Mental Health Awareness Month In France« , créé par Perspective.
Merci aux personnes qui ont répondu présentes. Membres de collectifs ou d’associations, « simples » oratrices et orateurs. Merci de nous avoir confié vos mots, vos indignations, votre poésie, vos révoltes. Des textes, du slam et des interventions, lettres aux mères, lettres aux frères de sang et de luttes, cris qui disent nos histoires, les traumatismes que nous portons, intergénérationnels, et ceux dont on se libère. Colères contre le tout oppressif, systémique. Le système médical, la psychiatrie, les murs, les violences patriarcales, policières, toutes les violences intra comme extra-communautaires, et tous les maux pour le dire. Un micro, une estrade, une scène pour se l’approprier, se rencontrer et penser la suite, embrasser les traditions qui sont les nôtres, sur le continent africain, dans les caraïbes comme de l’autre côté de l’Atlantique.
C’était deux jours à peine avant que des nouvelles mesures nous fassent basculer dans le « monde d’aujourd’hui », covid, crise, etc. L’agenda du mois de mars en a été quelque peu perturbé, mais de nouvelles activités, des projets se préparent, pour plus de solidarité, de créativité, d’actions et de combats.

Un grand merci à Aline Namessi et Tamara Singh qui par leur engagement et leur présence ont contribué à rendre possible cette rencontre.

Crédit photos : ©Perspective. Pour toute utilisation ou reproduction de photos et de texte, merci de demander une autorisation par email à : collectifperspective@gmail.com. Nous avons demandé aux personnes leur accord pour les photos le 11/03, si toutefois vous avez changé d’avis ou si elles ne vous conviennent pas, merci d’écrire à Perspective. pour le signaler.

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CRISE, RACISME SYSTÉMIQUE, ACCÈS AUX SOINS, VIOLENCES POLICIÈRES & SANTÉ MENTALE – INTERVIEW DE PERSPECTIVE. PAR LA LIBRAIRIE LA DISPERSION

 ©jr_korpa

Une interview avec la librairie la dispersion ( basée à Genève) , enregistrée au mois de juillet dernier, dans le cadre du cycle Situation dépressionnaire : collectiviser la psyché. Podcast.


L’opportunité de discuter des discriminations et oppressions systémiques auxquelles nous sommes confrontés dans l’accès aux soins, les mesures politiques liées à la crise, les maltraitantes et lois liberticides de la psychiatrie avec la validation du conseil d’état en début de confinement du croisement entre le fichier hopsyweb (qui concerne les personnes internées sous contrainte) et celui des personnes dites « fichées S ». Et au-delà, de l’impact des violences sociales, dont les violences policières sur nos conditions psychologiques et sociales. Trauma racial, trauma communautaire, 2020 année de désordres et de mouvements sociaux. Des réflexions trouvant un écho particulier en ce mois d’octobre, qui marque le quinzième anniversaire des révoltes qui secouèrent les banlieues françaises en 2005.

extrait :

«  Il est possible de militer contre certaines mesures, contre le fichage hopsyweb, la détention psychiatrique, les chambres d’isolement, contre les pratiques de restriction et privation de liberté et de violation de la dignité humaine et autres pratiques violentes et discriminantes. Pour lutter contre les institutions médicales, ou contre les pratiques des institutions médicales, il faut avoir conscience qu’elles sont liées à d’autres institutions comme la justice, la police et la prison.

Il y a un triptyque police-justice-prison à mobiliser lorsqu’on pense au système médical, puisque ce sont des institutions qui fonctionnent, travaillent ensemble. La police est souvent mobilisée pour des hospitalisations sous contrainte, bien que ce ne soit pas une obligation légale systématique, particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes noires et non-blanches.

La justice, lorsqu’il y a une hospitalisation sous contrainte, doit rendre un jugement au terme de douze jours d’hospitalisation. Convoquer la justice cela voudrait dire que la justice est impartiale, ce qui n’est pas tout à fait vrai. Tout d’abord, la plupart du temps l’institution judiciaire n’est pas formée pour défendre les patients en psychiatrie, et ce serait faux de dire qu’il y a une indépendance totale entre l’institution médicale et la justice. La prison est à penser quand on pense à l’accès aux soins parce qu’on sait aujourd’hui qu’une majorité des personnes incarcérées, environ 55%, entrent en prison alors qu’elles ont un trouble psychique diagnostiqué . Aujourd’hui nous sommes face à des enjeux de discriminations dans le soin lui-même, dans l’accès aux soins, c’est devenu plus visible avec la crise liée au covid, mais c’est une réalité depuis des décennies.

Se pose la question de qui a accès aux soins, de quels soins, et de qu’est ce que le soin lorsqu’il est pratiqué par des lieux de contraintes ? »

Amélie Koulanda, fondatrice de Perspective.

Livres recommandés par perspective. dans lE PODCAST :

  • Angela Davis, Abolition Democracy. Beyond Empire, Prisons, and Torture, Random House N.Y. / Seven Stories Press, 2005 
  • Judith Hermann, Trauma and recovery. The Aftermath of Violence–From Domestic Abuse to Political Terror, Basic Books, (out of print), publié pour la première fois en 1992.
  • Dr. Joy Degruy, Post Traumatic Slave Syndrom. America’s Legacy of Enduring Injury and Healing, Haper Collins (US) / Amistad, publié pour la première  fois en 2005.
  • Malika Mansouri, Révoltes postcoloniales au cœur de l’hexagone, Presses universitaires de France, 2015. 
  • Frantz Fanon, La lettre de démission de Frantz Fanon (extraite de « Pour la révolution Africaine« . Édition Maspéro – 1964) et de demande de fin de mission en Algérie : Lettre au Ministre Résident par Frantz Fanon (1956)

Pour aller plus loin :


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« SE SOIGNER » ET ÊTRE FICHÉ

Connaissez-vous le décret hopsyweb?

C’est une disposition légale qui fiche pour une durée de trois ans toutes les personnes internées sans consentement (sous contrainte) en psychiatrie.
Un fichage qui concerne la préfecture, soit une mesure potentiellement dangereuse pour les communautés noires et non-blanches, premières cibles des institutions policières et fortement à risque face aux soins sous contrainte du fait de nos situations sociales et du racisme systémique. Depuis le 27 mars 2020, le Conseil d’état a acté une nouvelle version du décret hopsyweb permettant le croisement des données de personnes internées sous contrainte en psychiatrie avec le fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), soit les personnes dites « fichées S ». Une nouvelle disposition extrêmement grave et discriminante qui constitue une entrave de plus dans l’accès aux soins et le soin lui-même, et dans les libertés individuelles, particulièrement pour les communautés noires, non-blanches, de confession musulmane et ou assimilables comme telle.

pourquoi faut-il s’inquiéter?

En tant que noir-e-s nous sommes plus vulnérables face aux professionnel-le-s et institutions de santé mentale :

  • Hospitalisation sous contrainte pouvant être imposé par l’institution médicale et maintenu par le système juridique, les personnes noires étant plus à risque d’être perçues comme dangereuses, agressives, irresponsables. Le régime de contrainte facilite la réduction des droits et des libertés
  • Risque de sur ou sous diagnostic
  • Diminution ou non considération de la douleur et des souffrances et traumatismes liées au racisme et aux différentes formes d’oppressions systémiques.
  • Maltraitances, violences médicales. Ex : pratique de la contention et de la chambre d’isolement
  • Différents freins dans l’accès aux soins en santé mentale, préjugés culturels, religieux, psychophobie, difficultés économiques, longue attente pour des consultations dans les CMP (centre médicaux psychologiques) et centre médicaux où les soins sont pris en charge, racisme systémique et des soignants.
  • Risque d’intervention policière lorsqu’une personne est en détresse psychologique ou « crise psychique », au lieu de services médicaux

Des réalités socio-économiques qui nous rendent particulièrement vulnérables face à ce décret qui s’inscrit comme une nouvelle extension des mesures politiques « implicitement » psychophobes, racistes, islamophobes, et portant atteinte à la dignité humaine. Une mesure stigmatisante et liberticide qui intervient en pleine crise sanitaire et sociale, alors que le secteur de la psychiatrie connaît des vagues d’internements plus intenses, particulièrement dans une région comme la Seine-Saint-Denis (93), où vivent de nombreuses communautés d’origine africaine.

Informations sur hopsyweb

Communiqué conjoint du syndicat de la magistrature, syndicat des avocats (SAF) et de la ligue des droits de l’homme (LDH) du 3 avril 2020

Informations droits et psychiatrie


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« RENVERSER LE FÉMINISME » : ENTRETIEN AVEC RADIO RENVERSÉE

©Matthew Feenney

« Renverser le féminisme », un entretien avec Radio Renversée, enregistré au mois de juin, le podcast via le site l’intempestive. En première partie : Mwasi, collectif Afroféministe révolutionnaire panafricain. L’opportunité de discuter des activités présentes et à venir de Perspective., des discriminations structurelles par lesquelles nous sommes visées en tant que personnes noires en souffrance psychique, accès aux soins, trauma racial et psychiatrie, le décret hopsyweb, les enjeux sociaux et politiques liés à la crise, à l’état policier. Puis la nécessité de penser et agir pour une articulation entre les violences systémiques subies par les hommes noirs, et non-blancs, et les violences patriarcales, intracommunautaires. Et pour des actions de justice sociale radicales.

extrait :

« Pour Perspective. la question de la violence, des violences devient centrale. La question de ce qu’est la violence, de la définir, d’où va la violence.
Lorsque l’on est au carrefour, à l’intersection de discriminations d’oppressions systémiques qui définissent nos vies, qui parfois y mettent un terme, qui les broient, où va cette violence? Comment se transforme la violence, chez l’individu mais aussi dans le collectif. Cela pose la question du trauma communautaire, et de la transformation, de la reproduction, de la mutation de la violence. Il y a une nécessité de repenser la justice sociale dans le féminisme dans une radicalité face aux violences, sociales, systémiques, patriarcales, faites aux femmes et aux enfants.
Et cela peut se traduire par développer des systèmes d’aides mutuelles, coopératives, à la fois pensées dans l’immédiateté, pour répondre aux violences, et penser dans le temps long. Il n’y a pas de prescription face à la violence. Ni dans le traumatisme causé, ni dans la possibilité de formuler des réparations, des formes de réparation, de justices, centrées sur la ou les victimes et sur la transformation communautaire. Et dans un moment où nous sommes invités à penser le monde de demain, dans le monde d’aujourd’hui, nous pouvons formuler une orientation des organisations militantes, politiques et sociales où la question du soin, de l’accès aux soins, de la réparation, de la santé mentale serait incontournable, dans la perspective d’une émancipation individuelle et collective. (…)
Je formule le vœux, peut-être l’utopie, mais vraiment la volonté de voir plus de collaborations entre différentes formes de collectifs et d’organisations, féministes, antiracistes, où luttant contre les violences policières, différentes formes de luttes qui se croisent, qu’il y ait davantage de partages de ressources, de connaissances, de savoirs, d’actions évidemment menées en commun, mais aussi de coopérations, d’entraides stratégiques. Je pense par exemple à la question du soin, du care,  à la façon dont elle est mobilisée dans les milieux militants. On voit dans les milieux militants, politiques, des dynamiques qu’on pointe du doigt dans des sphères de pouvoir, qui se rejouent d’une autre manière dans les sphères militantes. C’est à dire qu’à la fois, les hommes qui commettent des violences physiques, psychologiques, sexuelles sont souvent peu ou pas inquiétés, il y a un choix conscient ou inconscient, du fait de l’absence de mobilisations, de postures, de positions politiques, de privilégier le perpétrateur, plutôt que la victime. Et c’est souvent la victime qui doit s’effacer, disparaître qui est conduite à une forme d’isolement social, ou de mort, clinique ou sociale. C’est important de dire que pour les femmes, particulièrement pour les femmes non-blanches, pour les femmes noires dans la lutte, dans la société, il y a différentes formes de morts. C’est souvent exclure les victimes de fait, que de leur demander de se soumettre, de rester dans la lutte, en dépit des violences subies, des traumatismes causés.(…) On peut imaginer concrètement par exemple que les hommes qui se disent être dans une réelle volonté d’être dans une perspective féministe, qui se disent être dans une pratique politique féministe, sortent de la posture, et soient véritablement dans des actions qui servent ces questions là, et non pas des actions qui sont flatteuses pour la personne, l’individu, le militant, c’est à dire de ponctuellement apporter de l’aide à des groupes féministes ou de caser le mot sexisme, misogynoir ou autre dans leurs discours, mais véritablement s’engagent auprès des hommes auteurs de violences. C’est quelque chose que l’on peut imaginer puisque dans une société où l’on penserait une véritable transformation, une véritable action de justice sociale, il faut bien évidemment placer les victimes, femmes, enfants, au centre des actions menées, mais également s’intéresser, s’occuper des perpétrateurs. La violence est cyclique, la violence sociale subie a des conséquences sur les individus et sur la communauté. Elle se transforme de différentes manières, en différentes formes de traumatismes, parfois dans des addictions, mais aussi d’autres formes de violences. Et les traumatismes causés, eux, sont souvent sans fin, et doivent se penser dans la durée. Ce serait donc un impératif des luttes antiracistes et féministes, que les hommes prennent aussi en charge la question du soutien psychologique, social aux hommes perpétrateurs de violences. Comment dans un premier temps les éloigner de leur victimes, actuelles, passées ou potentielles, mais aussi les accompagner vers des processus de réparations individuelles et collectives. »

Amélie Koulanda, Perspective.

LIEN VERS LE SITE DES INTEMPESTIVES ET LE PODCAST « RENVERSER LE FÉMINISME » EP. 7- LES afroféministes, séquences PAR SÉQUENCES.

organisation communautaire – Violences patriarcales, comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?
Quelles soient physiques, sexuelles, psychologiques, concernent femmes et ou enfants, et dans différentes formes de relations.
Un premier atelier pour définir des besoins et ressources, professionnel-le-s, organisations à mobiliser pour une organisation communautaire
.


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SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE ET SOCIAL, Où trouver de l’aide?

Une liste d’associations et autres structures apportant du soutien psychologique et social à des personnes d’origines africaines. Des associations qui travaillent avec des psychologues, et autres professionnel-le-s- de santé, certains d’origine africaine, ainsi que des médiateurs, et des interprètes permettant un accompagnement en plusieurs langues. Un soutien psychologique et social qui se veut adapté notamment à des personnes exilées. Certaines associations proposent des accompagnements individuels mais également à destination des familles. Dans le contexte de la crise actuelle, liée au Covid-19, des associations conservent une activité dans leur bureau, d’autres à distance. Cette liste, non-exhaustive, continuera d’être alimentée dans les prochaines semaines et les prochains mois. Vous pouvez y contribuer en envoyant un email à : collectifperspective@gmail.com, et informer de structures similaires en France ( Hexagone et hors- Hexagone). Perspective. réalise également une liste de psys ( psychologues principalement) et autres thérapeutes noir-e-s, vous pouvez en faire la demande par email.

La permanence solidaire d’écoute gratuite, initiative indépendante du collectif Psy Noires, mise en place durant le confinement est toujours active (voir hyper lien).

PARIS ET ILE-DE-FRANCE

AXES PLURIELS : Crée en 1993 et installée dans le Xème arrondissement de Paris, Axes Pluriels (ex Afrique Conseil) est une structure où s’effectue un travail d’accompagnement social, familial et psychologique. Nous disposons d’un pôle Enfance / Famille, dans lequel une équipe d’animation propose des activités culturelles et éducatives mises en place au sein de l’Espace de Vie Sociale. L’association compte aujourd’hui des travailleurs sociaux de diverses origines et de différentes influences théoriques. Depuis 2015 l’association dispose d’un agrément CAF pour un Espace de Vie Sociale AXES PLURIELS intervient sur tout le territoire français. Au niveau international, Axes Pluriels Intervient dans plusieurs pays : Cameroun, Mali, Sénégal, Suisse, Belgique, Etats Unis.

COMEDE Comité pour la santé des exilés. Soutien et expertise pour l’orientation et l’accès aux soins en santé mentale. Information et partage d’expérience sur les questions relatives à la clinique de l’exil et au droit au séjour pour raison médicale.

ASSOCIATION SUNJATA KEITA : L’A.M.S.K. s’occupe de médiation familiale interculturelle et d’aides psychologiques aux familles migrantes. Son équipe pluridisciplinaire se compose de médiateurs, de psychologues, d’anthropologues, d’ethnologues, d’éducateurs(trices) spécialisé(e)s, de puéricultrices et de médecins (42 nationalités et langues différentes).

ASSOCIATION MINKOWSKA : Établissement de droit commun, créé pour assurer l’accueil de tout migrant et réfugié ayant besoin de soins en santé mentale. L’activité de Formation de l’association permet aux professionnels rencontrant des personnes migrantes et réfugiées d’acquérir les compétences nécessaires pour mieux comprendre et travailler en situation transculturelle. Elle répond à la nécessité pour les professionnels confrontés à la diversité culturelle d’acquérir un savoir-faire et des outils permettant d’améliorer la prise en charge des personnes migrantes.

GRENOBLE

LE CAMÉLÉON : Le Caméléon, santé mentale et migrations.
Créé en 2012, L’association Le Caméléon a pour objet l’accueil et la prise en charge, individuelle et groupale, psychologique et psycho-corporelle, des personnes exilées et en souffrance psychologique, quels que soient leur statut, leur pays d’origine, leur appartenance et les raisons de leur exil.
Les personnes migrantes présentent souvent une souffrance psychique importante liée à leur exil, aux persécutions subies dans leur pays d’origine et à leur situation en France, souvent précaire et malmenante. Pour autant, elles bénéficient rarement des services de droit commun en santé mentale.
Désirant participer à l’amélioration de la prise en charge globale de ces publics, l’association a également pour objectif de constituer un lieu ressource pour les professionnels et les bénévoles concernés, par l’accompagnement, la sensibilisation et la formation sur les thématiques de l’interculturalité, du traumatisme et de la précarité.

LE HAVRE

TERRA PSY- Psychologues sans frontières : Association loi 1901, Terra Psy – Psychologues sans frontières a ouvert son centre de consultation en octobre 2015. L’association est née de l’identification des besoins de soutien psychologique des populations migrantes, réfugiées, déplacées, issues de l’immigration ou victimes de violences traumatiques ou basées sur le genre. Aujourd’hui l’association s’inscrit dans des actions plus générales et accueille un public en situation de vulnérabilité et en souffrance psychosociale.

marseille

CENTRE OSIRIS : Osiris est un centre de soins spécialisé pour des personnes exilées victimes de torture et de violence politique, créé à Marseille en 1999. C’est un lieu d’écoute, d’accueil de la souffrance et de soutien thérapeutique pour des personnes ayant subi de graves traumatismes. Les consultations sont gratuites, sur rendez-vous et sans condition de statut administratif ; Osiris est une association qui ne dépend pas de l’État. Elle propose des consultations individuelles, de couple, de famille ou en groupe. Les entretiens se déroulent, dans la mesure du possible, dans la langue souhaitée par les patients, en présence d’interprètes professionnels. L’équipe du centre est soumise au secret professionnel. Elle est pluridisciplinaire et comprend une accueillante, des interprètes, un kinésithérapeute, un psychiatre et des psychologues cliniciens.

montpellier

CENTRE DE RESSOURCES FRANTZ FANON : L’objectif du centre de soins et de ressources est de renforcer l’accès aux soins psychiques pour les personnes en situation d’exil résidentes en région Occitanie. Le centre propose deux actions : un centre de soins Gard-Hérault et un centre ressources à vocation régionale. Ce projet, porté administrativement par La Cimade, a été pensé par un collectif inter-associatif composé de six associations (Médecins du Monde, L’Adage, le Groupe SOS, La Clède, L’Espélido et La Cimade) toujours impliqué dans le pilotage stratégique du centre. Dans une vision globale de la personne, la prise en charge sanitaire est étroitement articulée au contexte de vulnérabilité sociale et administrative dans lequel se trouve le patient, ainsi qu’au contexte politique dans lequel le soin a lieu. C’est en ce sens que le collectif inter-associatif s’est unanimement retrouvé autour du nom de Frantz Fanon. L’équipe pluridisciplinaire est composée d’une coordinatrice, de deux psychologues, un médecin, un intervenant social et d’interprètes. La prise en charge psychothérapeutique des patients est assurée par des psychologues de sensibilités théoriques différentes et complémentaires (transculturelle, psychanalytique, EMDR), qui se retrouvent autour du référentiel d’une clinique de l’exil.

[Appel à témoignages] CRISE, RACISME ET DISCRIMINATIONS INSTITUTIONNELLES

[Appel à témoignages] – Avez-vous été victime ou témoin de discriminations dans l’accès aux soins, depuis le début de la crise?

France – Hexagone, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Réunion, St Barthélémy, St Martin, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna.

CRISE, RACISME ET DISCRIMINATIONS INSTITUTIONNELLES

Perspective. s’associe à déCONSTRUIRE pour un appel à témoignages sur les discriminations dans l’accès aux soins, en santé physique et mentale, dans le contexte de la crise sociale que nous vivons, engendrée par la pandémie du coronavirus, dite COVID-19, et les nouvelles mesures politiques.

Pour nous noir-e-s et autres populations non-blanches, le système de santé est une niche de discriminations, d’oppressions et parfois de violences:

  • Difficultés ou impossibilité d’accéder à des soins en santé physique et mentale selon nos statuts administratifs, conditions sociales, les langues que nous parlons.
  • Traitements et pratiques médicales racistes : considération insuffisante ou nulle de la douleur, sous ou sur médicalisation, préjugés liés à la croyance en un « syndrome méditerranéen », croyances racistes qui impactent entre autres les prises en charges médicales, gynécologiques, obstétricales, psychologiques, psychiatriques et tout domaine de la santé physique comme mentale.
  • La pathologisation des traumatismes liés au racisme et autres formes d’oppressions : sur et sous diagnostics, hospitalisations sous contrainte, conduit-e-s vers des « soins » par la police, placement en chambre d’isolement, placé-e-s en détention plus qu’en structure de soin, etc.

Dans cette crise sociale que nous traversons, la santé publique est malmenée et nous le sommes aussi.

Nous souhaitons aujourd’hui lancer un appel à témoignages (anonymes) afin de connaître et rendre compte des difficultés, impossibilités, maltraitances, et de toutes les discriminations rencontrées dans l’accès aux soins et les soins eux-mêmes. Discriminations racistes et à l’intersection d’autres formes d’oppressions liées :

  • à la classe sociale (précarité, pauvreté, exil) 
  • à la condition psychique (psychophobie)
  • à la condition physique, au handicap, à une maladie ou pathologie (validisme)
  • au genre (ex : misogynie), transidentité
  • aux sexualités (ex : homophobie), – qui visent les personnes non-blanches (arabes, asiatiques, noires, rroms, autres).

Vous êtes invités à témoigner (anonymement) en tant que victime et ou en qualité de témoin. Nous invitons à témoigner toutes les personnes non-blanches victimes de discriminations en lien avec leur condition de santé, quelle qu’elle soit, et l’accès aux soins, dont les personnes contraintes de maintenir des activités professionnelles à risque et précaires (personnel soignant et d’entretien, travailleuses et travailleurs dans le domaine de l’alimentation, la sécurité, la livraison, le bâtiment, etc.). Les personnes hospitalisées, incarcérées, vivant en foyer, EHPAD, etc.

Ainsi que des personnes de toutes origines en qualité de témoins de discriminations, dont le personnel soignant et d’entretien qui voudrait dénoncer des recommandations et ou pratiques discriminantes observées envers des personnes non-blanches. Les faits doivent avoir eut lieu depuis le début de la crise liée au COVID-19.

Objectifs de l’appel à témoignages :

Publier de façon anonymisée des témoignages afin de dénoncer des agissements et fonctionnements structurels, institutionnels sur les plateformes en ligne de Perspective. et déCONSTRUIRE, mais également à destination d’autres médias ou associations et autres structures qui voudront relayer les témoignages.

Apporter, lorsque cela sera possible, un soutien en information sur droits et santé aux personnes discriminées, ou des recommandations pour un soutien psychologique approprié

Créer des données sociologiques sur le système de santé et les discriminations multiples qui affectent les personnes non-blanches.

Contribuer à impacter sur les discriminations dans l’accès aux soins et la prise en charge des conditions de santé des personnes non-blanches par différents moyens: formations professionnelles, analyse de pratiques, création de projets et actions de plaidoyer. 

Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’appel à témoignage à renseigner.

Les adresses emails ne sont pas collectées. Si vous souhaitez formuler une demande d’information liée à l’accès aux soins, droits, et ou une demande de soutien en santé mentale, vous pouvez adresser un email à : collectifperspective@gmail.com.

L’appel à témoignageS à remplir : LIEN

Les témoignages sont anonymes et les adresses emails ne sont pas collectées, elles n’apparaissent pas lorsque vous participez au sondage. Conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD, cnil.fr) vous avez un droit de correction et de rétractation sur votre témoignage.

Vous pouvez également nous contacter directement pour toute autre demande :

Perspective. est un collectif pour l’accès à l’information, aux soins et droits en santé mentale, contre les discriminations institutionnelles. Centré sur les populations noires. Contact : collectifperspective@gmail.com

déCONSTRUIRE est une association d’éducation populaire qui travaille avec une perspective située sur l’articulation des rapports de domination raciste et sexiste. Actions: formations professionnelles (travail social, santé, insertion, littérature), bibliothèque afro-diasporique, conférence gesticulée Les Marges de l’universel, Accompagnement vers l’emploi, accès aux droits. Contact: asso.deconstruire@gmail.com

Vous trouverez davantage d’actualités sur le compte Instagram de Perspective., @collectifperspective

SOLIDARITÉ AVEC LES « GILETS NOIRS » ET TOUTES LES PERSONNES EXILÉES

Mise à jour le 26 Mars 2020.

Les personnes exilées sont parmi les populations dont la santé physique et psychique est le plus à risque, et qui rencontrent le plus d’obstacles dans l’accès aux soins et le respect de leurs droits. Avec la crise sanitaire et sociale que va connaître la France, leur condition ne peut que s’aggraver. Survivantes de guerres, de politiques occidentales impérialistes, de traversées macabres de la Méditerranée, de l’esclavage en Libye, d’exploitations violentes sur la route de l’exil, et du racisme systémique en Europe, quel sort va leur être réservé avec le désastre annoncé, engendré par le COVID-19, et les politiques qui s’organisent contre les plus vulnérables et marginalisés?
Déjà menacées par l’amenuisement de leur droits, avec le projet de mise en place des trois mois de carence pour l’accès à l’aide médicale d’état (AME), les mesures politiques qui seront mises en place les prochaines semaines sont des sentences pour la survie des personnes exilées, dans une Europe aux politiques néolibérales, capitalistes, racistes. Pour beaucoup de personnes exilées, « sans- papiers », la poursuite du travail est une contrainte de leur employeur, le risque de perdre tout revenu, alors qu’elles sont déjà maltraitées, exploitées, soumises à des conditions de travail précaires et parfois dangereuses, exposées à des produits toxiques sans protection, déployées sur des chantiers  de grandes entreprises qui mettent en péril leur intégrité physique et mentale, et peuvent se révéler mortels. Les mesures dites sécuritaires liées à la volonté d’endiguement de la pandémie, donnent plus que jamais les pleins pouvoirs aux forces de l’ordre, sur les vies noires et non-blanches, pour toujours plus de contrôles, d’abus, de brutalités, et de violation des droits fondamentaux, comme celui du droit à la santé.
L’accès aux soins et aux droits pour la santé est un labyrinthe parsemé de discriminations, d’oppressions systémiques et de violences pour nous noir-e-s, non-blanc-he-s, et pour celles et ceux parmi nous exilées, réfugié-e-s, en attente d’une « régularisation administrative », toujours sur le fil, à risque d’être placé en détention, incarcéré, expulsé.
Aujourd’hui avec la « guerre » politique menée par le gouvernement français, les administrations, les autorités, n’épargneront pas les personnes exilées, marginalisées.
Pour celles et ceux qui le peuvent, organisons-nous afin de mettre en place des actions de solidarité.


*Faire une donation aux Gilets Noirs en lutte via la cagnotte en ligne : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/v346wpgn?fbclid=IwAR224LViIwiT6nr9nXDaNVJsNdLhmpp-vUkyzXtNj4TWdxUPJ0UoWRwppmQ

*Contacter directement les Gilets Noirs en lutte (via leur page Facebook, twitter, email : gilets-noirs-en-lutte@riseup.net)  et leur demander de quelles aides ils ont besoin.

*Distribuer, partager, imprimer les consignes d’hygiènes et sociales (voir ci-dessous) mis en place par le gouvernement en plusieurs langues dont français, bambara et soninké, aux personnes qui pourraient en avoir besoin, aux foyers d’exilés près de votre lieu de résidence, ou de votre lieu de travail, à la sortie des supermarchés,  des lieux de soin, aux soignants, etc. Les coller sur les murs.

*Imprimer des attestation de dérogation de sortie et justificatif professionnel (voir ci-dessous) et les distribuer aux personnes dans le besoin, prendre le temps de leur expliquer si nécessaire selon leur condition psychologique et selon la langue parlée.

épidémie covid-19 Recommandations en FRANçais

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

épidémie covid-19 Recommandations en bambara

épidémie covid-19 RECOMMANDATIONS EN SONINKé

Pour se déplacer

Télécharger l’attestation suivante « attestation de déplacement dérogatoire », la remplir en indiquant le motif de sortie : /www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/03/attestation_de_deplacement_derogatoire.pdf NE PAS SE DÉPLACER AVEC DES ATTESTATIONS RÉDIGÉES À LA MAIN, des personnes ont été arrêtées, pénalisées et parfois brutalisées par la police, pour ce motif. Vous ne devez pas justifier de votre lieu d’habitation par un document officiel et autre « justificatif de domicile ». Plusieurs sorties par jour sont possibles, bien que les autorités préconisent de les limiter pour diminuer les risques de propagation du virus. Pour les professionnels, il faut télécharger l’attestation « justificatif de déplacement professionnel », à faire compléter et signer par son employeur, afin de se rendre sur son lieu de travail. Les infractions à ces règles seront sanctionnées d’une amende de 135 euros. En cas de doute sur ces restrictions de déplacement, vous pouvez consulter les questions / réponses en cliquant ici.

Informations déplacements en peul. Mise à jour suite au nouveau décret du 23/03/2020 – Source : Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – baamasso.org

Source : Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – Page Facebook.

Informations déplacements en soninké. Mise à jour suite au nouveau décret du 23/03/2020 – Source : baamasso.org : explications audio, cliquer sur l’image :

Source : Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – https://m.facebook.com/baam.asso/videos/1251726881699099/?t=12
Source : Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – Page Facebook.
https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
Source : https://mobile.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Attestation-de-deplacement-derogatoire-et-justificatif-de-deplacement-professionnel
ADSF- Agir pour la santé des femmes – https://adsfasso.org

SANTé et droits : LES SITES D’INFORMATION « FIABLES »

Atelier – Violences patriarcales : comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?

©Robert Andall

[Atelier- groupe de travail/ réflexion]

Violences patriarcales, comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?
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Quelles soient physiques, sexuelles, psychologiques, concernent femmes et ou enfants, et dans différentes formes de relations.
Un premier atelier pour définir des besoins et ressources, professionnel-le-s, structures à mobiliser pour une organisation communautaire. #CommunityOrganizing

⚡Objectifs futurs : savoir s’organiser en tant que collectif, association ou autre organisation ou structure, rompre avec les comportements individuels et ou de groupe qui favorisent l’isolement, la « loi du silence », développer des pratiques de soutien, d’accompagnement, de justice sociale, centrées sur la ou les victimes.


✊🏿✊🏾✊🏽Pour qui? A destination des femmes noires.
Dont membres de collectifs, associations, etc. Nombre restreint.
⚫Quand? Dimanche 15 mars 2020, de 15H à 18H.
📍Où? Dans une salle accessible PMR, à Paris.
Le lieu sera confirmé sur inscription.
✏Comment s’inscrire? De préférence par email : collectifperspective@gmail.com ou par message privé, via les réseaux sociaux. Merci de mentionner si vous venez en tant que membre d’une organisation ou autre. A bientôt.

Vous trouverez davantage d’actualités sur le compte Instagram de Perspective. : @collectifperspective

DE QUOI SOUFFRENT ET MEURENT LES FEMMES NOIRES?

Si en France, les statistiques manquent, les souffrances physiques et psychologiques et les discriminations structurelles qui y sont associées, elles sont bien présentes.
Les femmes noires, vivant en occident, sont plus à risque de souffrir entre autres de troubles anxieux, dépressifs, qui contribuent à dégrader la condition psychologique et sociale et ce en lien avec le racisme, la précarité, les différentes oppressions et violences auxquelles nous sommes confrontées.


Des facteurs socio-économiques et discriminations que nous rencontrons :

Discriminations médicales : croyances négrophobes sur la tolérance à la douleur, sous ou sur diagnostics
( ex: dépression non perçue ou sous-estimée, davantage diagnostiquées bipolaires), déni des traumas racistes, et sexistes spécifiques. Violences gynécologiques et obstétricales.
Accès aux soins : difficulté d’entreprendre une thérapie pour des raisons financières.
Difficulté d’identifier des thérapeutes noires et ou des professionnel-le-s compétent-e-s ayant une compréhension et formation sur les traumas raciaux, oppressions et violences liées au genre, sexualités, aux problématiques culturelles et religieuses, à l’exil, etc.
Droits sociaux : Risque accru de se voir retirer la garde des enfants si souffrant de troubles psychiques, internées en psychiatrie.
Discrimination à l’embauche et dans l’emploi : métiers usants et ou dégradants pour la santé (liés aux soins à la personne, à l’entretien, travaux physiques, etc.). Maltraitances et harcèlements professionnels
Violences policières : particulièrement envers les femmes exilées, SDF, les prostituées ou travailleuses du sexe, femmes en situation de handicap physique et ou psychique, femmes trans.
Violences extra et intracommunautaires : physiques, sexuelles, psychologiques. Renforcées par la complicité et ou l’inaction de l’entourage. Injonction au silence, à la solidarité communautaire quand l’abuseur est un homme noir.
Charges sociales et psychologiques, violences : subies en conséquence directe ou indirecte des discriminations, traumatismes endurés par les hommes et garçons noirs.

*Sources : ADAA-nami.org -UK Gov Stats- Psychcentral.comJayasree Kalathil, Survivor Research, etc.