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« RENVERSER LE FÉMINISME » : ENTRETIEN AVEC RADIO RENVERSÉE

©Matthew Feenney

« Renverser le féminisme », un entretien avec Radio Renversée, enregistré au mois de juin, le podcast via le site l’intempestive. En première partie : Mwasi, collectif Afroféministe révolutionnaire panafricain. L’opportunité de discuter des activités présentes et à venir de Perspective., des discriminations structurelles par lesquelles nous sommes visées en tant que personnes noires en souffrance psychique, accès aux soins, trauma racial et psychiatrie, le décret hopsyweb, les enjeux sociaux et politiques liés à la crise, à l’état policier. Puis la nécessité de penser et agir pour une articulation entre les violences systémiques subies par les hommes noirs, et non-blancs, et les violences patriarcales, intracommunautaires. Et pour des actions de justice sociale radicales.

extrait :

« Pour Perspective. la question de la violence, des violences devient centrale. La question de ce qu’est la violence, de la définir, d’où va la violence.
Lorsque l’on est au carrefour, à l’intersection de discriminations d’oppressions systémiques qui définissent nos vies, qui parfois y mettent un terme, qui les broient, où va cette violence? Comment se transforme la violence, chez l’individu mais aussi dans le collectif. Cela pose la question du trauma communautaire, et de la transformation, de la reproduction, de la mutation de la violence. Il y a une nécessité de repenser la justice sociale dans le féminisme dans une radicalité face aux violences, sociales, systémiques, patriarcales, faites aux femmes et aux enfants.
Et cela peut se traduire par développer des systèmes d’aides mutuelles, coopératives, à la fois pensées dans l’immédiateté, pour répondre aux violences, et penser dans le temps long. Il n’y a pas de prescription face à la violence. Ni dans le traumatisme causé, ni dans la possibilité de formuler des réparations, des formes de réparation, de justices, centrées sur la ou les victimes et sur la transformation communautaire. Et dans un moment où nous sommes invités à penser le monde de demain, dans le monde d’aujourd’hui, nous pouvons formuler une orientation des organisations militantes, politiques et sociales où la question du soin, de l’accès aux soins, de la réparation, de la santé mentale serait incontournable, dans la perspective d’une émancipation individuelle et collective. (…)
Je formule le vœux, peut-être l’utopie, mais vraiment la volonté de voir plus de collaborations entre différentes formes de collectifs et d’organisations, féministes, antiracistes, où luttant contre les violences policières, différentes formes de luttes qui se croisent, qu’il y ait davantage de partages de ressources, de connaissances, de savoirs, d’actions évidemment menées en commun, mais aussi de coopérations, d’entraides stratégiques. Je pense par exemple à la question du soin, du care,  à la façon dont elle est mobilisée dans les milieux militants. On voit dans les milieux militants, politiques, des dynamiques qu’on pointe du doigt dans des sphères de pouvoir, qui se rejouent d’une autre manière dans les sphères militantes. C’est à dire qu’à la fois, les hommes qui commettent des violences physiques, psychologiques, sexuelles sont souvent peu ou pas inquiétés, il y a un choix conscient ou inconscient, du fait de l’absence de mobilisations, de postures, de positions politiques, de privilégier le perpétrateur, plutôt que la victime. Et c’est souvent la victime qui doit s’effacer, disparaître qui est conduite à une forme d’isolement social, ou de mort, clinique ou sociale. C’est important de dire que pour les femmes, particulièrement pour les femmes non-blanches, pour les femmes noires dans la lutte, dans la société, il y a différentes formes de morts. C’est souvent exclure les victimes de fait, que de leur demander de se soumettre, de rester dans la lutte, en dépit des violences subies, des traumatismes causés.(…) On peut imaginer concrètement par exemple que les hommes qui se disent être dans une réelle volonté d’être dans une perspective féministe, qui se disent être dans une pratique politique féministe, sortent de la posture, et soient véritablement dans des actions qui servent ces questions là, et non pas des actions qui sont flatteuses pour la personne, l’individu, le militant, c’est à dire de ponctuellement apporter de l’aide à des groupes féministes ou de caser le mot sexisme, misogynoir ou autre dans leurs discours, mais véritablement s’engagent auprès des hommes auteurs de violences. C’est quelque chose que l’on peut imaginer puisque dans une société où l’on penserait une véritable transformation, une véritable action de justice sociale, il faut bien évidemment placer les victimes, femmes, enfants, au centre des actions menées, mais également s’intéresser, s’occuper des perpétrateurs. La violence est cyclique, la violence sociale subie a des conséquences sur les individus et sur la communauté. Elle se transforme de différentes manières, en différentes formes de traumatismes, parfois dans des addictions, mais aussi d’autres formes de violences. Et les traumatismes causés, eux, sont souvent sans fin, et doivent se penser dans la durée. Ce serait donc un impératif des luttes antiracistes et féministes, que les hommes prennent aussi en charge la question du soutien psychologique, social aux hommes perpétrateurs de violences. Comment dans un premier temps les éloigner de leur victimes, actuelles, passées ou potentielles, mais aussi les accompagner vers des processus de réparations individuelles et collectives. »

Amélie Koulanda, Perspective.

LIEN VERS LE SITE DES INTEMPESTIVES ET LE PODCAST « RENVERSER LE FÉMINISME » EP. 7- LES afroféministes, séquences PAR SÉQUENCES.

organisation communautaire – Violences patriarcales, comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?
Quelles soient physiques, sexuelles, psychologiques, concernent femmes et ou enfants, et dans différentes formes de relations.
Un premier atelier pour définir des besoins et ressources, professionnel-le-s, organisations à mobiliser pour une organisation communautaire
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SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE ET SOCIAL, Où trouver de l’aide?

Une liste d’associations et autres structures apportant du soutien psychologique et social à des personnes d’origines africaines. Des associations qui travaillent avec des psychologues, et autres professionnel-le-s- de santé, certains d’origine africaine, ainsi que des médiateurs, et des interprètes permettant un accompagnement en plusieurs langues. Un soutien psychologique et social qui se veut adapté notamment à des personnes exilées. Certaines associations proposent des accompagnements individuels mais également à destination des familles. Dans le contexte de la crise actuelle, liée au Covid-19, des associations conservent une activité dans leur bureau, d’autres à distance. Cette liste, non-exhaustive, continuera d’être alimentée dans les prochaines semaines et les prochains mois. Vous pouvez y contribuer en envoyant un email à : collectifperspective@gmail.com, et informer de structures similaires en France ( Hexagone et hors- Hexagone). Perspective. réalise également une liste de psys ( psychologues principalement) et autres thérapeutes noir-e-s, vous pouvez en faire la demande par email.

La permanence solidaire d’écoute gratuite, initiative indépendante du collectif Psy Noires, mise en place durant le confinement est toujours active (voir hyper lien).

PARIS ET ILE-DE-FRANCE

AXES PLURIELS : Crée en 1993 et installée dans le Xème arrondissement de Paris, Axes Pluriels (ex Afrique Conseil) est une structure où s’effectue un travail d’accompagnement social, familial et psychologique. Nous disposons d’un pôle Enfance / Famille, dans lequel une équipe d’animation propose des activités culturelles et éducatives mises en place au sein de l’Espace de Vie Sociale. L’association compte aujourd’hui des travailleurs sociaux de diverses origines et de différentes influences théoriques. Depuis 2015 l’association dispose d’un agrément CAF pour un Espace de Vie Sociale AXES PLURIELS intervient sur tout le territoire français. Au niveau international, Axes Pluriels Intervient dans plusieurs pays : Cameroun, Mali, Sénégal, Suisse, Belgique, Etats Unis.

ASSOCIATION SUNJATA KEITA : L’A.M.S.K. s’occupe de médiation familiale interculturelle et d’aides psychologiques aux familles migrantes. Son équipe pluridisciplinaire se compose de médiateurs, de psychologues, d’anthropologues, d’ethnologues, d’éducateurs(trices) spécialisé(e)s, de puéricultrices et de médecins (42 nationalités et langues différentes).

ASSOCIATION MINKOWSKA : Établissement de droit commun, créé pour assurer l’accueil de tout migrant et réfugié ayant besoin de soins en santé mentale. L’activité de Formation de l’association permet aux professionnels rencontrant des personnes migrantes et réfugiées d’acquérir les compétences nécessaires pour mieux comprendre et travailler en situation transculturelle. Elle répond à la nécessité pour les professionnels confrontés à la diversité culturelle d’acquérir un savoir-faire et des outils permettant d’améliorer la prise en charge des personnes migrantes.

GRENOBLE

LE CAMÉLÉON : Le Caméléon, santé mentale et migrations.
Créé en 2012, L’association Le Caméléon a pour objet l’accueil et la prise en charge, individuelle et groupale, psychologique et psycho-corporelle, des personnes exilées et en souffrance psychologique, quels que soient leur statut, leur pays d’origine, leur appartenance et les raisons de leur exil.
Les personnes migrantes présentent souvent une souffrance psychique importante liée à leur exil, aux persécutions subies dans leur pays d’origine et à leur situation en France, souvent précaire et malmenante. Pour autant, elles bénéficient rarement des services de droit commun en santé mentale.
Désirant participer à l’amélioration de la prise en charge globale de ces publics, l’association a également pour objectif de constituer un lieu ressource pour les professionnels et les bénévoles concernés, par l’accompagnement, la sensibilisation et la formation sur les thématiques de l’interculturalité, du traumatisme et de la précarité.

LE HAVRE

TERRA PSY- Psychologues sans frontières : Association loi 1901, Terra Psy – Psychologues sans frontières a ouvert son centre de consultation en octobre 2015. L’association est née de l’identification des besoins de soutien psychologique des populations migrantes, réfugiées, déplacées, issues de l’immigration ou victimes de violences traumatiques ou basées sur le genre. Aujourd’hui l’association s’inscrit dans des actions plus générales et accueille un public en situation de vulnérabilité et en souffrance psychosociale.

marseille

CENTRE OSIRIS : Osiris est un centre de soins spécialisé pour des personnes exilées victimes de torture et de violence politique, créé à Marseille en 1999. C’est un lieu d’écoute, d’accueil de la souffrance et de soutien thérapeutique pour des personnes ayant subi de graves traumatismes. Les consultations sont gratuites, sur rendez-vous et sans condition de statut administratif ; Osiris est une association qui ne dépend pas de l’État. Elle propose des consultations individuelles, de couple, de famille ou en groupe. Les entretiens se déroulent, dans la mesure du possible, dans la langue souhaitée par les patients, en présence d’interprètes professionnels. L’équipe du centre est soumise au secret professionnel. Elle est pluridisciplinaire et comprend une accueillante, des interprètes, un kinésithérapeute, un psychiatre et des psychologues cliniciens.

montpellier

CENTRE DE RESSOURCES FRANTZ FANON : L’objectif du centre de soins et de ressources est de renforcer l’accès aux soins psychiques pour les personnes en situation d’exil résidentes en région Occitanie. Le centre propose deux actions : un centre de soins Gard-Hérault et un centre ressources à vocation régionale. Ce projet, porté administrativement par La Cimade, a été pensé par un collectif inter-associatif composé de six associations (Médecins du Monde, L’Adage, le Groupe SOS, La Clède, L’Espélido et La Cimade) toujours impliqué dans le pilotage stratégique du centre. Dans une vision globale de la personne, la prise en charge sanitaire est étroitement articulée au contexte de vulnérabilité sociale et administrative dans lequel se trouve le patient, ainsi qu’au contexte politique dans lequel le soin a lieu. C’est en ce sens que le collectif inter-associatif s’est unanimement retrouvé autour du nom de Frantz Fanon. L’équipe pluridisciplinaire est composée d’une coordinatrice, de deux psychologues, un médecin, un intervenant social et d’interprètes. La prise en charge psychothérapeutique des patients est assurée par des psychologues de sensibilités théoriques différentes et complémentaires (transculturelle, psychanalytique, EMDR), qui se retrouvent autour du référentiel d’une clinique de l’exil.

[Appel à témoignages] CRISE, RACISME ET DISCRIMINATIONS INSTITUTIONNELLES

[Appel à témoignages] – Avez-vous été victime ou témoin de discriminations dans l’accès aux soins, depuis le début de la crise?

France – Hexagone, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Réunion, St Barthélémy, St Martin, St Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna.

CRISE, RACISME ET DISCRIMINATIONS INSTITUTIONNELLES

Perspective. s’associe à déCONSTRUIRE pour un appel à témoignages sur les discriminations dans l’accès aux soins, en santé physique et mentale, dans le contexte de la crise sociale que nous vivons, engendrée par la pandémie du coronavirus, dite COVID-19, et les nouvelles mesures politiques.

Pour nous noir-e-s et autres populations non-blanches, le système de santé est une niche de discriminations, d’oppressions et parfois de violences:

  • Difficultés ou impossibilité d’accéder à des soins en santé physique et mentale selon nos statuts administratifs, conditions sociales, les langues que nous parlons.
  • Traitements et pratiques médicales racistes : considération insuffisante ou nulle de la douleur, sous ou sur médicalisation, préjugés liés à la croyance en un « syndrome méditerranéen », croyances racistes qui impactent entre autres les prises en charges médicales, gynécologiques, obstétricales, psychologiques, psychiatriques et tout domaine de la santé physique comme mentale.
  • La pathologisation des traumatismes liés au racisme et autres formes d’oppressions : sur et sous diagnostics, hospitalisations sous contrainte, conduit-e-s vers des « soins » par la police, placement en chambre d’isolement, placé-e-s en détention plus qu’en structure de soin, etc.

Dans cette crise sociale que nous traversons, la santé publique est malmenée et nous le sommes aussi.

Nous souhaitons aujourd’hui lancer un appel à témoignages (anonymes) afin de connaître et rendre compte des difficultés, impossibilités, maltraitances, et de toutes les discriminations rencontrées dans l’accès aux soins et les soins eux-mêmes. Discriminations racistes et à l’intersection d’autres formes d’oppressions liées :

  • à la classe sociale (précarité, pauvreté, exil) 
  • à la condition psychique (psychophobie)
  • à la condition physique, au handicap, à une maladie ou pathologie (validisme)
  • au genre (ex : misogynie), transidentité
  • aux sexualités (ex : homophobie), – qui visent les personnes non-blanches (arabes, asiatiques, noires, rroms, autres).

Vous êtes invités à témoigner (anonymement) en tant que victime et ou en qualité de témoin. Nous invitons à témoigner toutes les personnes non-blanches victimes de discriminations en lien avec leur condition de santé, quelle qu’elle soit, et l’accès aux soins, dont les personnes contraintes de maintenir des activités professionnelles à risque et précaires (personnel soignant et d’entretien, travailleuses et travailleurs dans le domaine de l’alimentation, la sécurité, la livraison, le bâtiment, etc.). Les personnes hospitalisées, incarcérées, vivant en foyer, EHPAD, etc.

Ainsi que des personnes de toutes origines en qualité de témoins de discriminations, dont le personnel soignant et d’entretien qui voudrait dénoncer des recommandations et ou pratiques discriminantes observées envers des personnes non-blanches. Les faits doivent avoir eut lieu depuis le début de la crise liée au COVID-19.

Objectifs de l’appel à témoignages :

Publier de façon anonymisée des témoignages afin de dénoncer des agissements et fonctionnements structurels, institutionnels sur les plateformes en ligne de Perspective. et déCONSTRUIRE, mais également à destination d’autres médias ou associations et autres structures qui voudront relayer les témoignages.

Apporter, lorsque cela sera possible, un soutien en information sur droits et santé aux personnes discriminées, ou des recommandations pour un soutien psychologique approprié

Créer des données sociologiques sur le système de santé et les discriminations multiples qui affectent les personnes non-blanches.

Contribuer à impacter sur les discriminations dans l’accès aux soins et la prise en charge des conditions de santé des personnes non-blanches par différents moyens: formations professionnelles, analyse de pratiques, création de projets et actions de plaidoyer. 

Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’appel à témoignage à renseigner.

Les adresses emails ne sont pas collectées. Si vous souhaitez formuler une demande d’information liée à l’accès aux soins, droits, et ou une demande de soutien en santé mentale, vous pouvez adresser un email à : collectifperspective@gmail.com.

L’appel à témoignageS à remplir : LIEN

Les témoignages sont anonymes et les adresses emails ne sont pas collectées, elles n’apparaissent pas lorsque vous participez au sondage. Conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD, cnil.fr) vous avez un droit de correction et de rétractation sur votre témoignage.

Vous pouvez également nous contacter directement pour toute autre demande :

Perspective. est un collectif pour l’accès à l’information, aux soins et droits en santé mentale, contre les discriminations institutionnelles. Centré sur les populations noires. Contact : collectifperspective@gmail.com

déCONSTRUIRE est une association d’éducation populaire qui travaille avec une perspective située sur l’articulation des rapports de domination raciste et sexiste. Actions: formations professionnelles (travail social, santé, insertion, littérature), bibliothèque afro-diasporique, conférence gesticulée Les Marges de l’universel, Accompagnement vers l’emploi, accès aux droits. Contact: asso.deconstruire@gmail.com

Vous trouverez davantage d’actualités sur le compte Instagram de Perspective., @collectifperspective

SOLIDARITÉ AVEC LES « GILETS NOIRS » ET TOUTES LES PERSONNES EXILÉES

Mise à jour le 26 Mars 2020.

Les personnes exilées sont parmi les populations dont la santé physique et psychique est le plus à risque, et qui rencontrent le plus d’obstacles dans l’accès aux soins et le respect de leurs droits. Avec la crise sanitaire et sociale que va connaître la France, leur condition ne peut que s’aggraver. Survivantes de guerres, de politiques occidentales impérialistes, de traversées macabres de la Méditerranée, de l’esclavage en Libye, d’exploitations violentes sur la route de l’exil, et du racisme systémique en Europe, quel sort va leur être réservé avec le désastre annoncé, engendré par le COVID-19, et les politiques qui s’organisent contre les plus vulnérables et marginalisés?
Déjà menacées par l’amenuisement de leur droits, avec le projet de mise en place des trois mois de carence pour l’accès à l’aide médicale d’état (AME), les mesures politiques qui seront mises en place les prochaines semaines sont des sentences pour la survie des personnes exilées, dans une Europe aux politiques néolibérales, capitalistes, racistes. Pour beaucoup de personnes exilées, « sans- papiers », la poursuite du travail est une contrainte de leur employeur, le risque de perdre tout revenu, alors qu’elles sont déjà maltraitées, exploitées, soumises à des conditions de travail précaires et parfois dangereuses, exposées à des produits toxiques sans protection, déployées sur des chantiers  de grandes entreprises qui mettent en péril leur intégrité physique et mentale, et peuvent se révéler mortels. Les mesures dites sécuritaires liées à la volonté d’endiguement de la pandémie, donnent plus que jamais les pleins pouvoirs aux forces de l’ordre, sur les vies noires et non-blanches, pour toujours plus de contrôles, d’abus, de brutalités, et de violation des droits fondamentaux, comme celui du droit à la santé.
L’accès aux soins et aux droits pour la santé est un labyrinthe parsemé de discriminations, d’oppressions systémiques et de violences pour nous noir-e-s, non-blanc-he-s, et pour celles et ceux parmi nous exilées, réfugié-e-s, en attente d’une « régularisation administrative », toujours sur le fil, à risque d’être placé en détention, incarcéré, expulsé.
Aujourd’hui avec la « guerre » politique menée par le gouvernement français, les administrations, les autorités, n’épargneront pas les personnes exilées, marginalisées.
Pour celles et ceux qui le peuvent, organisons-nous afin de mettre en place des actions de solidarité.


*Faire une donation aux Gilets Noirs en lutte via la cagnotte en ligne : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/v346wpgn?fbclid=IwAR224LViIwiT6nr9nXDaNVJsNdLhmpp-vUkyzXtNj4TWdxUPJ0UoWRwppmQ

*Contacter directement les Gilets Noirs en lutte (via leur page Facebook, twitter, email : gilets-noirs-en-lutte@riseup.net)  et leur demander de quelles aides ils ont besoin.

*Distribuer, partager, imprimer les consignes d’hygiènes et sociales (voir ci-dessous) mis en place par le gouvernement en plusieurs langues dont français, bambara et soninké, aux personnes qui pourraient en avoir besoin, aux foyers d’exilés près de votre lieu de résidence, ou de votre lieu de travail, à la sortie des supermarchés,  des lieux de soin, aux soignants, etc. Les coller sur les murs.

*Imprimer des attestation de dérogation de sortie et justificatif professionnel (voir ci-dessous) et les distribuer aux personnes dans le besoin, prendre le temps de leur expliquer si nécessaire selon leur condition psychologique et selon la langue parlée.

épidémie covid-19 Recommandations en FRANçais

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

épidémie covid-19 Recommandations en bambara

épidémie covid-19 RECOMMANDATIONS EN SONINKé

Pour se déplacer

Télécharger l’attestation suivante « attestation de déplacement dérogatoire », la remplir en indiquant le motif de sortie : /www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/03/attestation_de_deplacement_derogatoire.pdf NE PAS SE DÉPLACER AVEC DES ATTESTATIONS RÉDIGÉES À LA MAIN, des personnes ont été arrêtées, pénalisées et parfois brutalisées par la police, pour ce motif. Vous ne devez pas justifier de votre lieu d’habitation par un document officiel et autre « justificatif de domicile ». Plusieurs sorties par jour sont possibles, bien que les autorités préconisent de les limiter pour diminuer les risques de propagation du virus. Pour les professionnels, il faut télécharger l’attestation « justificatif de déplacement professionnel », à faire compléter et signer par son employeur, afin de se rendre sur son lieu de travail. Les infractions à ces règles seront sanctionnées d’une amende de 135 euros. En cas de doute sur ces restrictions de déplacement, vous pouvez consulter les questions / réponses en cliquant ici.

Informations déplacements en peul. Mise à jour suite au nouveau décret du 23/03/2020 – Source : Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – baamasso.org

Source : Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – Page Facebook.

Informations déplacements en soninké. Mise à jour suite au nouveau décret du 23/03/2020 – Source : baamasso.org : explications audio, cliquer sur l’image :

Source : Le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – https://m.facebook.com/baam.asso/videos/1251726881699099/?t=12
Source : Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – Page Facebook.
https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
Source : https://mobile.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Attestation-de-deplacement-derogatoire-et-justificatif-de-deplacement-professionnel
ADSF- Agir pour la santé des femmes – https://adsfasso.org

SANTé et droits : LES SITES D’INFORMATION « FIABLES »

Atelier – Violences patriarcales : comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?

©Robert Andall

[Atelier- groupe de travail/ réflexion]

Violences patriarcales, comment s’organiser pour un soutien social et psychologique?
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Quelles soient physiques, sexuelles, psychologiques, concernent femmes et ou enfants, et dans différentes formes de relations.
Un premier atelier pour définir des besoins et ressources, professionnel-le-s, structures à mobiliser pour une organisation communautaire. #CommunityOrganizing

⚡Objectifs futurs : savoir s’organiser en tant que collectif, association ou autre organisation ou structure, rompre avec les comportements individuels et ou de groupe qui favorisent l’isolement, la « loi du silence », développer des pratiques de soutien, d’accompagnement, de justice sociale, centrées sur la ou les victimes.


✊🏿✊🏾✊🏽Pour qui? A destination des femmes noires.
Dont membres de collectifs, associations, etc. Nombre restreint.
⚫Quand? Dimanche 15 mars 2020, de 15H à 18H.
📍Où? Dans une salle accessible PMR, à Paris.
Le lieu sera confirmé sur inscription.
✏Comment s’inscrire? De préférence par email : collectifperspective@gmail.com ou par message privé, via les réseaux sociaux. Merci de mentionner si vous venez en tant que membre d’une organisation ou autre. A bientôt.

Vous trouverez davantage d’actualités sur le compte Instagram de Perspective. : @collectifperspective

DE QUOI SOUFFRENT ET MEURENT LES FEMMES NOIRES?

Si en France, les statistiques manquent, les souffrances physiques et psychologiques et les discriminations structurelles qui y sont associées, elles sont bien présentes.
Les femmes noires, vivant en occident, sont plus à risque de souffrir entre autres de troubles anxieux, dépressifs, qui contribuent à dégrader la condition psychologique et sociale et ce en lien avec le racisme, la précarité, les différentes oppressions et violences auxquelles nous sommes confrontées.


Des facteurs socio-économiques et discriminations que nous rencontrons :

Discriminations médicales : croyances négrophobes sur la tolérance à la douleur, sous ou sur diagnostics
( ex: dépression non perçue ou sous-estimée, davantage diagnostiquées bipolaires), déni des traumas racistes, et sexistes spécifiques. Violences gynécologiques et obstétricales.
Accès aux soins : difficulté d’entreprendre une thérapie pour des raisons financières.
Difficulté d’identifier des thérapeutes noires et ou des professionnel-le-s compétent-e-s ayant une compréhension et formation sur les traumas raciaux, oppressions et violences liées au genre, sexualités, aux problématiques culturelles et religieuses, à l’exil, etc.
Droits sociaux : Risque accru de se voir retirer la garde des enfants si souffrant de troubles psychiques, internées en psychiatrie.
Discrimination à l’embauche et dans l’emploi : métiers usants et ou dégradants pour la santé (liés aux soins à la personne, à l’entretien, travaux physiques, etc.). Maltraitances et harcèlements professionnels
Violences policières : particulièrement envers les femmes exilées, SDF, les prostituées ou travailleuses du sexe, femmes en situation de handicap physique et ou psychique, femmes trans.
Violences extra et intracommunautaires : physiques, sexuelles, psychologiques. Renforcées par la complicité et ou l’inaction de l’entourage. Injonction au silence, à la solidarité communautaire quand l’abuseur est un homme noir.
Charges sociales et psychologiques, violences : subies en conséquence directe ou indirecte des discriminations, traumatismes endurés par les hommes et garçons noirs.

*Sources : ADAA-nami.org -UK Gov Stats- Psychcentral.comJayasree Kalathil, Survivor Research, etc.

Qu’est-ce que le trauma racial?

©Tim Mossholder

S’il ne connait pas de définition officielle ni d’intégration au DSM ( le manuel de diagnostic des troubles psychiques) à ce jour, le trauma racial (« racial trauma ») est reconnu par de nombreux psychologues et spécialistes de santé mentale, comme un traumatisme affectant les personnes non-blanches. Le terme a été inventé aux États-Unis.
Peuvent en être à l’origine : les comportements racistes, insultes subies dans le quotidien par les personnes non-blanches, les violences racistes physiques et psychologiques, les discriminations professionnelles ou scolaires, les pratiques médicales racistes, les contrôles et abus policiers, l’exposition aux violences racistes, les violences liées à l’exil, la détention, etc.
On parle aussi de trauma historique, de trauma post-esclavagiste, et trauma colonial.
Définition : afin de tenter de comprendre comment le racisme et les discriminations ont un impact négatif sur la santé physique et mentale des personnes non-blanches, plusieurs chercheurs ont inventé le terme « trauma racial » ou « stress traumatique lié à la race ».
Le trauma racial peut être une conséquence d’un harcèlement raciste, du fait d’avoir été témoin de violences racistes, ou d’avoir subi ou de subir le racisme institutionnel.
Le trauma peut entraîner des symptômes de dépression, d’anxiété, une faible estime de soi, des sentiments d’humiliation, des difficultés de concentration, ou de l’irritabilité. Les traumatismes racistes peuvent conduire au suicide, notamment chez les enfants et adolescents noirs.

Quelques effets et conséquences du trauma racial :

♦️Vigilance et suspicion accrues. Suspicion des institutions sociales (écoles, administratives, gouvernementales).
♦️Évitement du contact visuel, confiance portée uniquement aux personnes membres des cercles familiaux ou amicaux.
♦️Sensibilité accrue à la menace – postures défensives, évitement de situations nouvelles, sensibilité accrue au manque de respect et au sentiment de honte, évitement de la prise de risque.
♦️Symptômes psychologiques et physiologiques accrus – Les traumas non-résolus augmentent le stress chronique et diminuent le fonctionnement du système immunitaire, déplacent le cerveau vers la domination du système limbique, augmentent les risques de dépression et de troubles anxieux et perturbent le développement de l’enfant et la qualité de l’attachement émotionnel dans les relations familiales et sociales.
♦️Augmentation de la consommation d’alcool et de drogues – Les drogues et l’alcool sont initialement utiles ( de manière réelle ou perceptive) afin de gérer la douleur le rapport au danger liés aux traumas non-résolus, mais ils deviennent leurs propres processus pathologiques en cas de dépendance.
♦️Agressions accrues – les violences inter-quartiers, la violence domestique, les attitudes défiantes, se donner une apparence dure et impénétrable sont des moyens de faire face au danger en tentant de contrôler notre environment physique et social.
♦️Une vision limitée du rapport au temps – Les personnes vivant dans un état de danger chronique ne développe pas un sentiment d’avenir, n’ont pas d’objectif sur le long terme et considèrent souvent la mort comme une possibilité attendue.
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Traduction : Perspective. @collectifperspective
Source : psychologybenefits.org – Dr Walter Smith – Bryant-Davis, T.,& Ocampo, C. (2006). A therapeutic approach to the treatment of racist-incident based trauma. Journal of Emotional Abuse.

PSYCHOBOXE & VIOLENCES

Peu connue en France, la psychoboxe a pourtant été inventée en 1970. C’est une discipline thérapeutique originale empruntant sa gestuelle principalement à la boxe, sans apprentissage technique nécessaire. Elle être préconisée, notamment mais pas uniquement, pour des personnes victimes et ou auteures de violences. Vous l’avez peut-être découverte récemment dans le film « Mon frère », dans une mise-en-scène toutefois différente de la réalité.

Elle est pratiquée en individuel ou en groupe, et est particulièrement utilisée dans des cadres associatifs, comme dans les foyers pour jeunes. Définie dans un cadre précis, elle nécessite usuellement deux psychoboxeurs, dont un-e professionnel-le- de santé mentale, psychologue, psychanalyste ou psychiatre. Travailleurs sociaux, et éducateurs peuvent s’y former. Créateur de la psychoboxe, en France, le psychanalyste et ancien professeur de boxe Richard Hellburn, auteur de l’ouvrage «  À Poings Nommés* », l’ a décrit en ces termes :

« La psychoboxe a pour but de permettre à un sujet, à travers ses gestes, ses affects et ses représentations, de remettre en jeu l’universalité des processus et la singularité des positions qui émergent de sa confrontation à ce qui lui est violence dans son corps, sa parole et ses actes. La psychoboxe ne se soutient que de l’ouverture d’une scène qui appelle un sujet à interpréter sa violence en la précipitant dans des formes perceptibles. »

Il existe une association de loi 1901, l’institut national de psychoboxe*, créé par Hellburn, qui supervise et agrée les formations pour les professionnels.

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, Somaya Abdal-Bar Ducéré, pratique, entre autres approche thérapeutique la psychoboxe, et exerce à Paris, dans le 20 ème arrondissement : « La violence et l’agressivité font partie de la vie, elles sont inhérentes à l’être humain. Elles ne sont pas  pathologiques en soit et sont même nécessaires à la vie et au développement autant individuel que social. On pourrait parler là d’une violence qui maintient le sujet debout, en vie, en capacité à faire face, à tenir contre, à faire preuve d’adversité; et d’une agressivité juste dans la relation à l’autre.

Elles peuvent aussi être le témoin d’une destructivité et d’une pulsionnalité menaçant l’équilibre et l’évolution du sujet et du collectif humain. Face à sa propre violence, celle de son histoire, celle de l’autre, on peut se trouver sidéré, sans possibilités de penser, de bouger, de repousser, de tenir à distance, débordé, dépassé, angoissé, tétanisé ou au contraire poussé à agir… Forces actives, et agissantes elles peuvent nous presser, nous oppresser, nous contraindre intérieurement. Nos capacités de maîtrise et de transformation peuvent s’en trouver dépassées. Entre le mouvement instinctif et la rationalité il n’est pas facile de garder le contact avec l’essentiel et de saisir ce qui nous anime. Il n’y a pas de solution simple à la violence, par essence multiforme et pluri-factorielle, mais il est possible d’en explorer les effets, les traces, les traumas, les mouvements, les réponses possibles… »

*Institut national de Psychoboxe :www.psychoboxe.com

*Informations et contact : Somaya Abdal-Bar Ducéré : http://www.psyconsultation.fr/la-psychoboxe

* « A poings Nommés-Génèse de la psychoboxe », Richard Hellbrun, 2014, éditions l’Harmattan.

De quoi la mort de Naomi Musenga est-elle le nom?

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga décédait à l’hôpital de Strasbourg après des heures d’agonie, de négligence médicale, de traitement raciste de sa condition de santé.
Depuis les langues se délient davantage sur les préjugés et pratiques liés à la croyance en un « syndrome méditerranéen », qui serait propre aux personnes non-blanches perçues comme se plaignant de douleurs injustifiées ou exagérées.
Le système médical dans son ensemble lui, reste peu questionné et encore moins inquiété, et tend à se justifier en se retranchant derrière des motifs qui seraient uniquement économiques et organisationnels, ignorant le caractère structurel du racisme dans les milieux médicaux, comme dans l’ensemble de la société.
On reconnait pourtant bien la négrophobie dans la réponse adressée à Naomi Musenga par l’opératrice du Samu. Cette dernière a pu identifier un accent à consonance « africaine », dans l’appel au secours de la jeune femme de 22 ans, d’origine congolaise, et a très vite moqué, minimisé et méprisé sa souffrance.
Aux États-Unis, des études ont démontré que les noir-e-s étaient au minimum deux fois moins susceptibles que les blanc-he-s de se voir délivrer des anti-douleurs, et souffrent de façon significative et disproportionnée de sous et mal-traitance médicale, ce qui conduit à la dégradation de l’état de santé physique et psychologique, l’absence de diagnostics appropriés, et à la mort.
À titre d’exemple, les femmes noires et leurs enfants meurent à des taux alarmants dans les maternités, elles ont trois à quatre fois plus de risque de perdre la vie en la portant ou la donnant, et lorsqu’elles survivent connaissent davantage de complications car sont stéréotypées comme ressentant moins la douleur ou y étant insensible.
En France, les données et chiffres manquent, mais les réalités et tragédies se ressemblent.
Le sort de Naomi Musenga n’est hélas pas unique, comme en témoigne le décès récent d’une autre femme noire, Micheline Myrtil, le 18 décembre 2018 à l’hôpital Lariboisière à Paris, après douze heures d’attente au service des urgences.
Durant l’été 2018, une information judiciaire pour « non-assistance à personne en péril » et « homicide involontaire contre X » contre l’opératrice a été ouverte. Et si le 30 octobre dernier 2018, un juge d’instruction a annoncé la nomination d’un collège d’experts pour déterminer les circonstances exactes du décès, celui-ci n’a toujours pas été formé à ce jour. Des éléments tirés du dossier médical et du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) démontent la thèse d’une intoxication au paracétamol de Naomi Musenga.
Tout notre soutien à la famille Musenga , au collectif Justice pour Naomi Musenga, et aux personnes qui luttent à leur côté.

Perspective. Article initialement publié sur la page Facebook, puis mis à jour le 5 février 2020.