PSYCHOBOXE & VIOLENCES

Peu connue en France, la psychoboxe a pourtant été inventée en 1970. C’est une discipline thérapeutique originale empruntant sa gestuelle principalement à la boxe, sans apprentissage technique nécessaire. Elle être préconisée, notamment mais pas uniquement, pour des personnes victimes et ou auteures de violences. Vous l’avez peut-être découverte récemment dans le film « Mon frère », dans une mise-en-scène toutefois différente de la réalité.

Elle est pratiquée en individuel ou en groupe, et est particulièrement utilisée dans des cadres associatifs, comme dans les foyers pour jeunes. Définie dans un cadre précis, elle nécessite usuellement deux psychoboxeurs, dont un-e professionnel-le- de santé mentale, psychologue, psychanalyste ou psychiatre. Travailleurs sociaux, et éducateurs peuvent s’y former. Créateur de la psychoboxe, en France, le psychanalyste et ancien professeur de boxe Richard Hellburn, auteur de l’ouvrage «  À Poings Nommés* », l’ a décrit en ces termes :

« La psychoboxe a pour but de permettre à un sujet, à travers ses gestes, ses affects et ses représentations, de remettre en jeu l’universalité des processus et la singularité des positions qui émergent de sa confrontation à ce qui lui est violence dans son corps, sa parole et ses actes. La psychoboxe ne se soutient que de l’ouverture d’une scène qui appelle un sujet à interpréter sa violence en la précipitant dans des formes perceptibles. »

Il existe une association de loi 1901, l’institut national de psychoboxe*, créé par Hellburn, qui supervise et agrée les formations pour les professionnels.

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, Somaya Abdal-Bar Ducéré, pratique, entre autres approche thérapeutique la psychoboxe, et exerce à Paris, dans le 20 ème arrondissement : « La violence et l’agressivité font partie de la vie, elles sont inhérentes à l’être humain. Elles ne sont pas  pathologiques en soit et sont même nécessaires à la vie et au développement autant individuel que social. On pourrait parler là d’une violence qui maintient le sujet debout, en vie, en capacité à faire face, à tenir contre, à faire preuve d’adversité; et d’une agressivité juste dans la relation à l’autre.

Elles peuvent aussi être le témoin d’une destructivité et d’une pulsionnalité menaçant l’équilibre et l’évolution du sujet et du collectif humain. Face à sa propre violence, celle de son histoire, celle de l’autre, on peut se trouver sidéré, sans possibilités de penser, de bouger, de repousser, de tenir à distance, débordé, dépassé, angoissé, tétanisé ou au contraire poussé à agir… Forces actives, et agissantes elles peuvent nous presser, nous oppresser, nous contraindre intérieurement. Nos capacités de maîtrise et de transformation peuvent s’en trouver dépassées. Entre le mouvement instinctif et la rationalité il n’est pas facile de garder le contact avec l’essentiel et de saisir ce qui nous anime. Il n’y a pas de solution simple à la violence, par essence multiforme et pluri-factorielle, mais il est possible d’en explorer les effets, les traces, les traumas, les mouvements, les réponses possibles… »

*Institut national de Psychoboxe :www.psychoboxe.com

*Informations et contact : Somaya Abdal-Bar Ducéré : http://www.psyconsultation.fr/la-psychoboxe

* « A poings Nommés-Génèse de la psychoboxe », Richard Hellbrun, 2014, éditions l’Harmattan.

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